dimanche 20 décembre 2015

Voyager, vous croyez que c'est facile?



Parti de chez moi en bus, j'ai bu des bieres avec des inconnus sur le quai d'une gare paumee aux guichets fermes a cette heure tardive, attendant un train improbable qui s'est tout de meme pointe avec plus d'une heure de retard alors que je m'etais deja resigne a planter ma tente sur le terrain vague voisin. A Bordeaux j'ai mange dans un restau Ethiopien et dans le meilleur kebab de France, je me suis leve le matin a 8h en croyant qu'il etait 2h de l'apres-midi, javais oublie que ma tablette etait restee a l'heure Thailandaise depuis l'annee derniere. A Roissy j'ai bien failli rater mon avion a cause d'un employe zele mais pas tres malin qui ne comprenait pas comment fonctionnait un visa et qui confondait la date limite d'utilisation avec la date limite de sejour.
A Bangkok, mon taxi calait a chaque feu rouge et peinait un peu plus a chaque fois pour redemarrer, j'ai cru devoir finir a pinces, avec un sac super lourd et par 33 degres, j'etais pas enthousiaste. Mon hotel favori etait ferme, remplace par un de ces restaurants-usine a touristes et je me suis retrouve dans une piaule si bruyante que j'aurais aussi bien pu etre installe dans un discotheque avec les toilettes tout au bout d'un long couloir.
J'ai du ruser sur Lion air ou le bagage de soute est limite a 15kgs et celui de cabine a 7 pour passer mes 36kgs de bagages sans payer 7000 baths d'eccess luggage.
A Hat yai mon taxi s'est paume et j'ai du chercher ma guest-house moi-meme sous une averse tropicale, j'ai cru un instant que cette adresse aussi avait disparu.
Ce matin j'embarque dans un van pour le port de Pakbara mais les soucis ne seront vraiment finis (en theorie) que lorsque j'aurais debarque sur Tarutao, que j'aurais monte ma tente et que je l'aurais securisee contre le gang des singes, qui eux, seront surement toujours la....
A la fin de cette journee, si tout se passe bien(?) je pourrais souffler un peu.
Vous croyez qu'elle est facile ma maniere de voyager? en fait, meme si j'avais les moyens je ne ferai pas autrement...
Voila, maintenant pour l'internet, c'est rape pour un moment, je vais m'enterrer dans un trouduculdumonde ou il n'a pas droit de cite, ce qui est tres bien comme ca.
PS: desole pour les accents, mais les claviers Thai n'en possedent pas. A+

mercredi 25 novembre 2015

Accident de chasse


Je suis tombé sur cet article sur le site du journal "Sud-Ouest" et je n'ai pas pu m'empêcher d'en faire profiter les internautes de passage, un copié-collé donc...


"Mesplède (64) : un chien tire accidentellement sur un chasseur

Incroyable accident de chasse ce lundi matin dans un bois de Mesplède, au nord d'Orthez, en Béarn. Un chasseur a été blessé par un tir de fusil adressé par son chien.
Le chasseur venait de déposer son arme le long d'un tronc d'arbre pour ramasser une bécasse quand le chien a accidentellement tiré. Très agité, le compagnon à quatre pattes a déclenché la détente en faisant tomber l'arme par ses sauts répétés. 
Le chasseur de 61 ans a été blessé au bras et transporté vers l'hôpital d'Orthez. Son fils, qui l'accompagnait, a également été pris en charge pour un léger traumatisme sonore."


http://www.sudouest.fr/2015/11/23/mesplede-64-un-chien-tire-accidentellement-sur-un-chasseur-2195044-4284.php#article-comments

 

Toxic planet



Tiens, histoire de plomber un peu plus l'ambiance, je viens de trouver une BD qui est vraiment le reflet de notre époque et traite le sujet de la pollution et du réchauffement climatique avec un humour que l'on peut qualifier de noir, noir comme les fumées toxiques. Il s'agit des dessins de David Ratte, dessinateur Français auteur de 3 albums(Milieu Naturel, Espèce menacée, Retour en flamme) parus aux éditions Paquet.
Juste une pincée pour vous mettre en bouche..



www.toxicplanet.info

jeudi 19 novembre 2015

L'age des ténèbres...



 Ce n'est pas vraiment la vocation de ce blog, mais je n'ai pu m'empêcher de frémir de colère et de dégoût comme tous mes concitoyens. J'ai appris avec horreur les monstrueux exploits de ces tueurs sans conscience, qui rêvent de nous replonger dans un moyen-âge brutal et superstitieux. Tels les inquisiteurs qui torturaient et brûlaient l'hérétique au nom d'une foi aveugle et aveuglée, ils préjugent des désirs d'une entité invisible qu'ils n'ont jamais rencontrée.
Ces gens, que nous le voulions ou non, sont humains comme nous, mais ils vivent dans un monde que je croyais disparu. Ils viennent d'une époque ténébreuse ou la vie humaine était sans valeur et la cruauté un mode de vie, ils nous rappellent que la barbarie n'est pas aussi loin que nous le pensons.


"Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt :
Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde."

"La résistible ascension d'Arturo Ui"  Bertold Brecht

jeudi 12 novembre 2015

Le monde dans ton sac à dos..





Pas volubile sur son blog, le gars... Ouais, fatigué surtout, du boulot et pas du facile. Monter des échafaudages passé 60 balais, c'est crevant. Se trimballer du matos dont le moindre élément pèse entre 8 et 25 kg, durant toute une journée, tout une semaine, tout un mois et plus, vous laisse plein de courbatures(les lombaires surtout!). C'est là qu'on se rends compte de la vanité à vouloir oublier son âge, baisse de tension, et dans la salle de bains, je suis tombé comme une masse. Comme si le courant était soudain coupé, plus rien, le noir total, j'ai ouvert les yeux quelques instants plus tard, le front ensanglanté, la lèvre enflée. Je m'étais cogné contre le bac de douche en tombant, la fatigue et la tension basse, le cerveau à cessé d'être irrigué. J'étais tremblant et tuméfié, je me suis traîné au plumard et j'ai dormi deux heures.
J'avais l'occasion de faire rentrer un peu de blé mais j'avais oublié que je fais ça depuis trop longtemps et que le fric gagné ne rembourse pas le temps de vie perdu...
Alors je me rattrape comme je peux, je tente de vivre les jours donnés pour cet argent qui est devenu un personnage à part entière de notre vie; illusions, sans doute. Mais je veux profiter de ces instants que je prends, que je vole presque. Je veux embrasser des bouts de monde, m'injecter des morceaux de bonheur comme on se fait un "fix" d'heroïne, avec la même addiction mais sans la déchéance. Le voyage est ma "dope", ce qui me permet de tenir debout, ce qui me rends vivant, ce qui me donne l'occasion de comprendre mes frères en humanité et de les aimer malgré tout.
Comme si je franchissais une porte sur une autre dimension, je change d'univers, de décor. Mon esprit change, mes pensées aussi, familier et étranger, rassurant et hostile, le monde sort de l'imaginaire et devient réel.
Nous ne cessons pas de nous bercer d'illusions; L'illusion de maîtriser notre univers, l'illusion de maîtriser notre vie, de maîtriser la nature, les evenements, les cours de la bourse, et ainsi de suite. Quelle deception de constater un jour que tout cela n'est qu'une vanité dans nos pays riches ou de plus en plus de gens sont pauvres. Nous sommes soumis au hasard, aux aléas de l'existence, à notre condition d'humains faillibles et fragiles. On peut se muscler, s'enrichir, devenir un combattant hors-pair, un sportif de haut niveau, un gagnant ou n'avoir aucune ambition et de la même manière un jour, être réduit à l'impuissance, à la faiblesse à la défaite. En réalité tout ceci n'a aucune importance, il s'agit seulement du cours normal des choses, quoique nous fassions, nous sommes impuissants à tout contrôler, la seule manière d'avoir un contrôle sur l'avenir de ce monde serait d'en finir avec cet égoïsme qui nous gangrène, nous rends intolérants.
L'autre, l'étranger, le voisin, l'inconnu, celui qui veut nous prendre notre bien, grignoter notre petit bonheur mesquin, faucher la bagnole, le four à micro-ondes, l'écran plasma, le fric, on le hait sans le connaître, on lui en veut sans savoir qui il est. Il fait peur, il est crade, il est pauvre, ses chiards braillent, il vole pour bouffer.
Pourtant il est comme nous, cet alien aux mœurs barbares, il veut survivre dans un monde difficile, un monde fabriqué de toutes pièces par l'espèce dominante sur cette planète: l'homme... Il n'y aurait à manger que des patates, des saucissons et du steak, vous pouvez êtres sûrs qu'une minorité trouverait le moyen de se récupérer le sauciflard et la viande tandis que les autres devraient se contenter de patates. Vous m'objecterez que les mangeurs de patate plus nombreux, pourraient se révolter et piquer la bidoche mais il suffit de refiler quelque rondelles de saucisson à des costauds pas trop malins pour s'en faire des alliés et s'en sortir sans problèmes: toute l'histoire du monde...
Bon, je me suis un peu éloigné de mon idée, ou peut-être pas tant que ça. Voyager, en principe mais ce n'est pas toujours vrai, c'est sortir de sa zone de confort, ça exclut hôtels de luxe, piscines et jacuzzi, tours organisés. Cela veut dire aller à la rencontre des gens véritables et comprendre un peu plus nos voisins sur la planète, c'est faire du monde un seul pays et des humains notre famille, une utopie au présent mais je l'espère, un avenir, un futur sans doute lointain mais qui se prépare maintenant. Il n'y à pas d'alternative, le respect du vivant, la compassion, le partage des ressources, sont notre seul espoir, sans cela l'humanité est condamnée. Il nous faut grandir, devenir adultes en ne gardant de l'enfance que le rêve et la poésie sans la cruauté, se donner la curiosité de voir la planète avec des yeux neufs, prendre une valise et partir en n'emportant que notre ignorance, s'efforcer de contempler avec innocence et en tirer nos propres leçons.. que puis-je dire de plus?

vendredi 23 octobre 2015

Partir, encore...


Le temps passe si vite, mon visa est en cours, les billets d'avion en poche. Commencer à penser à ce que je vais mettre dans mon sac, n'est pas une option: autant que possible, il vaut mieux s'y prendre assez tôt, cela évite les surprises de dernière minute.
J'ai finalement opté pour un nouvel appareil photo: l'Olympus Tough TG4. Il me fallait un appareil étanche à l'eau et à la poussière et en même temps avoir la possibilité de faire des photos correctes, quand je pense à mes premiers voyages en Inde ou l'idée de ramener des images ne me venait même pas à l'esprit. C'est un ami qui m'avait prêté son appareil: "C'est n'importe quoi, tu pars en Inde et t'emmènes même pas un appareil photo!". En plus, j'ai failli bousiller mon reflex Nikon au moins trois fois, chocs violents, contact avec l'eau, poussière.. J'ai testé, l'Olympus est vraiment très bien, plein d'options, de filtres, et pas mal de réglages pour un compact. Cerise sur le gâteau, il prends bien moins de place que le Nikon et son gros objectif un peu trop fragile que j'avais déjà cassé une fois.
Je prends ma tablette; c'est bien ces petites merveilles de technologie, pour à peine plus de 100 euros je peux, en voyage, naviguer sur l'internet, si j'ai une connexion wifi, voir des vidéos, visionner mes photos, écouter de la musique, et pour peu que j'ai installé l'application, lire des livres en format epub ou pdf. Il faut savoir que la quantité d'applications (apk) conçues pour les dernières générations de téléphones portables, fonctionne super bien, sur une tablette avec un système d'exploitation Androïd. Je peux avoir Firefox, Photoshop etc.. Calibre, permet de lire les E-books et il existe une version de Winamp pour tablettes. Le moins, c'est la faible capacité de la batterie, mais pour y remedier, des petits malins ont déjà inventé les batteries de secours: pratiques, faible encombrement. Ceci dit, la technologie existe, je m'en sers, mais sinon, je ferai sans, ce n'est pas une obligation. La seule véritable technologie que j'apprécie, c'est le GPS. Avec mon petit Bushnell, acheté 70 Euros il y à 2 ans, je trace des parcours qui m'évitent de me perdre, j'ai mes coordonnées géographiques, latitude et longitude, une boussole même l'altimètre et la température locale, que demander de mieux?
Le problème, pour faire mon sac de voyage, c'est que j'ai tout un tas de trucs que les gens, normalement, n'ont pas dans leurs bagages. Je dois caser des rations de nourriture lyophilisée, la tente 3 places, une bâche, du filet de nylon(environ 8m de long sur 1m de haut) pour entourer la tente contre les singes, des cordes de nylon, ma machette, du fil de pêche avec plombs, bouchons et hameçons. En plus de tout ça, j'ai aussi le sac de couchage en polaire, le hamac avec moustiquaire et le poncho de pluie, mes affaires perso: 2 pantalons, 3 T-shirts, chaussettes de marche, calbards. Mes affaires de toilette et pharmacie avec des antibiotiques large spectre, une pommade antiseptique, des trucs pour la douleur et la diarrhée à tout hasard, et des cachets pour purifier l'eau.
J'ai aussi de quoi faire un pansement sommaire, extraire du venin, (Sans garantie de succès) ou pour soigner les piqûres d'insectes. Je vous garantis que tout ce fatras finit par peser très lourd.
Cependant, vos rêves vous donnent de la force... alors je porte mon sac, je le pose quand je peux, et je me rends compte que j'ai plus de vitalité que je ne le pensais, je me dis qu'un jour j'achèterai un bagage à roulettes et je me dis aussi que ce serait de la lâcheté et que ce jour-là, je serais vraiment vieux.
Avant de partir, on angoisse toujours un peu, bon, Tarutao, je connais, mais les Philippines, je ne connais pas du tout, je suis inquiet, nerveux,  je n'ai pas vraiment déterminé d'itinéraire et je pars dans le flou total comme d'habitude, en même temps je suis impatient comme un enfant qui réalise un rêve....

dimanche 11 octobre 2015

Mapuche


J'ai lu "Mapuche" de Caryl Férey (Paru chez Gallimard, dans la collection "Folio policier)un simple polar au départ, mais un roman magnifiquement écrit, plein d'émotion et empreint du sceau de la vérité quand on à envie de sentir, de croire vraies les histoires que nous lisons, quand les personnages se battent contre un mal à l'état pur. Les personnages qui vivent dans l'imagination, existent vraiment si leur réalité est exprimée avec suffisamment de force ..
En prime, ce bouquin nous apprends beaucoup sur l'histoire de l'Argentine, surtout l'époque ou les dictatures s'épanouissaient en Amérique latine, sous l'égide bienveillante des U.S.A.
C'est très beau, poétique sanglant et tragique, une bien belle écriture..

"À ne voir dans la rosée
Que la toilette du condamné
L’aube s’est fendue,
Comme une bûche.
Ne reste plus de l’horizon
Que l’écorce,
Des failles,
Figures de poux,
Carcasses…
Qui tue les chiens
Quand la laisse est trop courte ?
Les oiseaux se sont enfuis du ciel
Dans le paysage peint,
Des traces d’ailes.
Du silence
Ne reste plus que la rumeur
En pointillé,
Des nuages gercés
Figures de poux,
Carcasses…
Qui tue les chiens
Quand la laisse est trop courte ?
Mordre les mots dans la bouche des autres,
C’est comme l’ombre dans tes yeux,
Je m’y colle,
Je m’y glisse à genoux sans prières pour t’aimer en dedans,
Le cul des astres y brille,
Ta peau, regarde, sitôt scintille,
Je la touche,
L’effleure,
M’en repais,
Encore,
C’est ton cœur à la louche,
Un chagrin sur la paille,
À mi-distance de rien du tout,
Je traîne en toi comme un chemin à la fin du jour,
Tes mains tes doigts tes cuisses, j’aime tout,
Vois,
Mes larmes chiffonnées en toi dégringolent,
Des glaciers délavés,
Un désastre au travail, c’est tout comme,
Et des éclairs à retardement qui s’épuisent
À l’aurore adorée,
Qui s’en va,
Pourtant…
Arbres, rendez vos branches,
Relevez les fossés !
À vous je vends du large
Au plus tonnant
L’usage
Du hasard
Et du temps,
Qu’importe les cimes,
Du chemin
Je ne céderai pas un caillou,
Pas une caillasse
J’obéis aux rivières
Aux lacs
Au filon qui les mènent à la mer
Pour toi j’égrainerai ma poudre
Marchand de rien
Sur un désert de pierres
Ou de sable
Coupant,
Redevenu silex
Je tirerai le sabre,
La vie a ses têtes,
Et dans le miroir des flammes
Dansant sur les surfaces,
Lisse,
J’attends.
Si ce n’est toi, Jana… Le vent."
  

Dernière page du "cahier triste" dans le roman policier de Caryl Férey: "Mapuche"