Mapuche


J'ai lu "Mapuche" de Caryl Férey (Paru chez Gallimard, dans la collection "Folio policier)un simple polar au départ, mais un roman magnifiquement écrit, plein d'émotion et empreint du sceau de la vérité quand on à envie de sentir, de croire vraies les histoires que nous lisons, quand les personnages se battent contre un mal à l'état pur. Les personnages qui vivent dans l'imagination, existent vraiment si leur réalité est exprimée avec suffisamment de force ..
En prime, ce bouquin nous apprends beaucoup sur l'histoire de l'Argentine, surtout l'époque ou les dictatures s'épanouissaient en Amérique latine, sous l'égide bienveillante des U.S.A.
C'est très beau, poétique sanglant et tragique, une bien belle écriture..

"À ne voir dans la rosée
Que la toilette du condamné
L’aube s’est fendue,
Comme une bûche.
Ne reste plus de l’horizon
Que l’écorce,
Des failles,
Figures de poux,
Carcasses…
Qui tue les chiens
Quand la laisse est trop courte ?
Les oiseaux se sont enfuis du ciel
Dans le paysage peint,
Des traces d’ailes.
Du silence
Ne reste plus que la rumeur
En pointillé,
Des nuages gercés
Figures de poux,
Carcasses…
Qui tue les chiens
Quand la laisse est trop courte ?
Mordre les mots dans la bouche des autres,
C’est comme l’ombre dans tes yeux,
Je m’y colle,
Je m’y glisse à genoux sans prières pour t’aimer en dedans,
Le cul des astres y brille,
Ta peau, regarde, sitôt scintille,
Je la touche,
L’effleure,
M’en repais,
Encore,
C’est ton cœur à la louche,
Un chagrin sur la paille,
À mi-distance de rien du tout,
Je traîne en toi comme un chemin à la fin du jour,
Tes mains tes doigts tes cuisses, j’aime tout,
Vois,
Mes larmes chiffonnées en toi dégringolent,
Des glaciers délavés,
Un désastre au travail, c’est tout comme,
Et des éclairs à retardement qui s’épuisent
À l’aurore adorée,
Qui s’en va,
Pourtant…
Arbres, rendez vos branches,
Relevez les fossés !
À vous je vends du large
Au plus tonnant
L’usage
Du hasard
Et du temps,
Qu’importe les cimes,
Du chemin
Je ne céderai pas un caillou,
Pas une caillasse
J’obéis aux rivières
Aux lacs
Au filon qui les mènent à la mer
Pour toi j’égrainerai ma poudre
Marchand de rien
Sur un désert de pierres
Ou de sable
Coupant,
Redevenu silex
Je tirerai le sabre,
La vie a ses têtes,
Et dans le miroir des flammes
Dansant sur les surfaces,
Lisse,
J’attends.
Si ce n’est toi, Jana… Le vent."
  

Dernière page du "cahier triste" dans le roman policier de Caryl Férey: "Mapuche"



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