Le monde doit être vert ou ne pas être

Face aux éléments, l'espoir parfois, ne suffit pas. Nous avons essuyé une grosse tempête tropicale qui venait du Myanmar: vent et pluie diluvienne au programme. J'ai profité de l'accalmie qui est venue ensuite pour m'échapper vers la forêt détrempée.

Quand la jungle est mouillée elle est à la fois plus sombre et plus resplendissante: L'humidité fonce les couleurs et elle enduit toutes les surfaces lisses d'un vernis rutilant. Si le soleil se permet quelques sorties, ses rayons à travers la canopée font luire et briller les feuillages. Je suis allé à la plage, la petite plage tranquille derrière le rideau de jungle, à part les pêcheurs, personne pour l'instant ne vient y troubler ma tranquillité mais cela ne durera sans doute pas.
La tempête à déchargé encore une cargaison de déchets plastiques entre le sable et la forêt à la limite des marées, c'est un  triste spectacle mais j'y suis habitué. Ici, c'est l'ennemi, le plastique: bouteilles, tongues, flacons et jerrycans divers, filets de pêche et même casques de moto(!)

 L'autre jour, des imbéciles de touristes occidentaux venus en bateau ont joué avec des blocs de polystyrène: il y en avait partout le long de la plage, cette petite plage dont j'apprécie la paix et la beauté. Ils l'ont polluée et salie parce qu’ils étaient loin des regards. Je les ai vu plus tard, ils ont relâché avec leur beau catamaran, le long de Lo Po beach, trois personnes et deux gamins.
 Je m'en doutais, dans de gros blocs de polystyrène rejetés par la mer ils avaient découpé grossièrement des jouets-bateaux qui ne pouvaient être destinés qu'a des enfants, ainsi ils en ont répandu sur cinquante mètres de sable. Quand je suis sorti de la jungle, j'étais attéré, de plus ils avaient fait des feux, et laissé leurs propres ordures: boîtes de conserves, emballages de brosses à dents etc..

Dire que ces gens-là iront se vanter auprès de leurs proches admiratifs, d'avoir navigué autour des îles de la mer Andaman... Et pour l'éducation de ces enfants si jeunes, respecteront-ils aussi peu l'environnement que leurs aînés? je le crains, oui. L’écologie ça doit être un truc de pauvre, et encore, pas tous. La nature, les derniers indiens, les espèces en voie de disparition, la pauvreté, dans ce monde de technocrates dévoués au démon de l'argent ce genre de préoccupation est une faiblesse.
Un mot que je n'aime pas car il colporte toute une propagande affairiste et mondialiste est: "sensiblerie". "Erie" est un suffixe insultant si l'on s'en réfère à sa signification selon Wikipédia:

Suffixe utilisé pour former le nom d’un local ou d’un commerce associé à une activité souvent professionnelle ou industrielle.
boulangerie, briqueterie, épicerie, peausserie, vitrerie, animalerie, lunetterie
Suffixe utilisé pour former un nom indiquant la qualité de, la caractéristique de.
ânerie, cochonnerie, connerie, fourberie, duperie, vacherie

Désolé, je suis un être sensible et je le revendique, c'est la preuve de mon humanité, la source de mes joies, de mes rêves et de ma fierté.
La SENSIBILITÉ est une qualité, je dirais même un super-pouvoir, le suffixe "bilité" indique une "capacité à", une capacité à ressentir, l'ouverture à la compassion, la possibilité d'être véritablement un humain?
Je hais ce principe adopté par beaucoup de touristes, surtout en fonction de l'argent dépensé: on paye, on leur apporte notre bel argent donc nous avons presque tous les droits.. Ces gens-là bousilleront le monde, il n'y aura plus rien à voir et les beaux endroits seront définitivement squattés par le fric. Ne souriez pas, c'est le monde qui vient, nos arrière-petits enfants ne pourrons pas imaginer ce qu'était la planète trente ans auparavant. Le monde est gouverné par de dangereux clowns qui ne font pas rire et qui n'ont rien à foutre de la détresse des populations si cela peut leur apporter plus de pouvoir. Bon sang, j'ai l'impression d'être un gaucho de base en disant ça et pourtant, c'est la vérité. Ce qui m'arrive me pousse à la réflexion, ce qui est finalement bon signe, et même si je ne voyage pas pour rencontrer la "mondialisation", je suis obligé de tomber dessus. La nature n'a pas d'obédience politique, moi non plus, seul mon cœur me guide, une faiblesse encore?.
Avec le temps, j'ai pris des habitudes et ce n'est pas bon en général, car tout à une fin et les habitudes finissent par être bousculées.
Comme toujours, je digresse dans des considérations qui semble n'avoir que peu de rapports avec mon sujet principal. Mais je persiste et signe: le monde doit être vert ou ne pas être...
Grenouille venimeuse, sympa mais pas touche!



fractales

La mer Andaman en tempête

La petite plage sans les barbares...





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